Nerik est un adolescent à peine sorti de l’enfance, maigre comme un furet, les jambes nues sous une tunique trop large. Sa peau est sombre, son visage anguleux barré d’une balafre ancienne qui lui mord la joue droite, souvenir d’une bagarre ou d’un chien trop nerveux. Son pas est rapide, nerveux, toujours sur la défensive. Il court en biais, changeant d’allure, coupant par les venelles, glissant entre les charrettes et les bouches d’égout, comme s’il connaissait chaque pierre de la Pointe.
Sous sa tunique flotte un sac de toile grossière où l’on devine des messages roulés, des jetons de cire, parfois un couteau à manche court. Il ne parle à personne. Ne regarde personne. Mais il a les yeux partout.