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(S01/Ep016) La gloire passée et les ennuis du présent

December 14, 2024
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La péniche de l’Eau Noire… Que de souvenirs. Une barge naine cuirassée, plus de canons et d’armes qu’une petite forteresse impériale, un bijou d’ingénierie qu’on aurait pu croire indestructible. Et ce mastodonte a tout encaissé : un combat contre un Duc du Changement qui aurait transformé n’importe quel autre navire en éclats, un duel naval contre un cuirassé nain du chaos sur le Teufel, avec rien comme place pour manoeuvrer. Das Gerucht lui-même a tout fait pour nous l’enlever, sans succès.

Sans parler des sabotages. Une demi-douzaine, au bas mot. Elle s’est même échouée dans le port de Marienburg, et là encore, elle tenait bon. Mais évidemment, ce n’est pas une explosion, un démon, ou même une tempête qui l’a mise hors jeu. Non, c’est l’administration impériale. 

“Confisquée, c’est l’Empire qui a payé 80 % de cette machine de guerre”

"Une taxe impériale pour soutenir l’effort de guerre”.

 Bien sûr. Tiens, j’aimerais bien voir un bureaucrate bien nourri repousser les hordes de skavens en maraude, c’est peut être l’administration impériale qui l’a payé, mais c’est la compagnie qui l’a défendu ce foutu rafiot, et au prix du sang. 

 Aah … Quand l’administration impériale coule ce que les démons n’ont pas pu briser, hein.

Pieter Verstohlen a fait tout ce qu’il fallait pour qu’on puisse la garder, mais nous n’avions de toute façon plus de quoi payer les réparations, et encore moins de raison de le faire.

Et maintenant, où en sommes-nous ? Eh bien, la Compagnie de l’Eau Noire, autrefois crainte et respectée, vit dans une taverne en chantier, La Lune Rouge. Une petite merveille d’inconfort et de risques d’effondrement. Parfois, je me demande si ce n’est pas un progrès,  au moins, personne ne nous taxe pour y rester.

Ces derniers temps, j’ai rêvé d’un retour aux affaires. Une nouvelle compagnie de mercenaires, cette fois à but lucratif. Oh, pas d’idéal stupide ou de croisades ce coup ci : juste de l’or sonnant et trébuchant. Mais pour l’instant, chaque couronne semble disparaître avant d’avoir été gagnée.

Prenez Isabella Sturmf, par exemple. La terreur du Kunstviertel (Quartier des Artisans).

Elle voulait mettre la main sur Emilio, ma toute nouvelle recrue. Un naufragé changeforme. Je ne vous expliquerai pas pourquoi, il faudrait un livre entier. Résultat, 600 couronnes d’or pour qu’elle ferme les yeux et passe à autre chose.

Et puis il y a Faggin (Mort), ce chef de gang halfling. C’est fou ce que ces petites mains peuvent coûter cher. 400 couronnes, cette fois, pour qu’il ne décide pas d’égorger Sienna la halfeline et Mogrot l’ogre. Pourquoi ? Une querelle entre criminels, bien sûr. Oh, ne vous méprenez pas, je ne l’ai pas fait par bonté d’âme. J’ai mes propres raisons de vouloir garder Sienna et Mogrot en vie, des projets, dirons-nous. Et un jour, Faggin comprendra à quel point c’était une mauvaise idée d’accepter mon or.

Enfin, un peu d’action. Notre premier gros contrat : éliminer un repaire de mutants près de Krugenheim. Une ancienne mine transformée en antre d’horreur, des centaines de disparus, des villageois effrayés et prêts à payer des centaines de couronnes pour qu’on puisse les sauver. Rien de tel pour tester une équipe. Nous avons attaqué par trois points différents, une opération risquée, mais après des combats acharnés, nous avons réduit ces abominations en charpie.

Sienna, toujours aussi brillante, a trouvé Karanz Toff à la tête de ces mutants. Oui, Karanz Toff. Un ancien de la Compagnie de l'Eau Noire, que je croyais mort depuis longtemps. Capturé par l’Église de Sigmar pour des recherches illégales sur les mutants, il devait avoir été brûlé vif. Comment a-t-il échappé à ce sort ? Et pourquoi diriger une bande de monstres dégénérés ? Il s’est suicidé avant que nous puissions poser la moindre question. Typique de son ancienne équipe, disparaît brutalement en foutant un bordel monstre.

Et pendant ce temps, à Ubersreik, tout va de mal en pis. Les récents attentats à la bombe ont fait plus de cent morts. Une véritable hécatombe. Qui est derrière ça ? Aucune idée, mais les rumeurs courent parmi la compagnie. Et comme si cela ne suffisait pas, un tueur en série surnommé le Taube Essen terrorise les rues. Ses victimes ? Retrouvées entourées de cadavres de pigeons. Ne me demandez pas pourquoi, je ne suis pas sûr de vouloir savoir.

J’ai eu quelques mots avec un des alliés d’un de nos récents employeurs, Monseigneur Templier Hoffmann (Mort). Ce chasseur de sorcières  est convaincu qu’il peut repérer un hérétique à un kilomètre. Cela explique sans doute pourquoi il a déjà accusé trois paysans, deux chiens et une chèvre cette semaine.

Si ça continue comme ça, je vais finir par regretter Marienburg. Et croyez-moi, ça veut tout dire.

Franz Lohner, Capitaine de la Compagnie de l'Eau Noire

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Quelques notes sur cette bande de fous furieux 

Note pour moi-même : Les mercenaires sont parfois aussi capricieux qu’une noble impériale un soir de bal; ou qu’un halfling à qui l’on refuse un deuxième dessert. Il va falloir surveiller les individualités de près, apprendre à les connaître, et surtout, repérer lesquels feront des caprices les premiers. Ce n’est pas seulement une question de discipline : une bande mal soudée éclate plus vite qu’une mèche mal dosée.

Prenons Mogrot, par exemple. Un ogre massif, un vrai mur de muscles, sauf qu’il a déjà perdu un bras au combat. Cela dit, il semblerait que le bras soit en train de repousser, ce qui est… troublant. Plus inquiétant encore, il jette des regards nerveux aux autres, en particulier à Sienna chaque fois qu’il manipule sa magie. Peut-être qu’il a vu un collègue ogre exploser sous un mauvais sort. Ou peut-être qu’il se méfie de tout ce qu’il ne peut pas manger.

Et puis il y a Galilaan, l’Asrai. Toujours dans un coin sombre, aiguisant sa lance avec un regard qui pourrait transpercer une armure. Je l’ai entendu murmurer dans sa langue étrange : "Je les aurai, ces foutus gosses."* Des gosses ? Quels gosses ? Mystère. Tout ce que je sais, c’est que je vais éviter de lui poser la question. 

Gunther, le prêtre de Sigmar, est une autre affaire. Tous les matins, il insiste pour bénir La Lune Rouge, comme si la taverne pouvait devenir un lieu saint. Je lui ai demandé d’arrêter,  franchement, c’est gênant, et puis ça attire des regards curieux dans le quartier. Mais non, il persiste. Je suppose qu’il a besoin de se sentir utile.

Azralia, la Strygany, passe son temps à jouer avec ses cartes de tarot, racontant des histoires absurdes sur le destin des uns et des autres. La moitié de ce qu’elle dit n’a aucun sens, mais cela semble fasciner Mogrot ou Emilio, ce qui, honnêtement, me fait me demander s’ils comprennent seulement un mot de ce charabia. Pourtant, je garde Azralia à l’œil. Les Strygany ont une étrange habitude de toujours savoir plus que ce qu’elles laissent entendre, même quand elles prétendent être perdues dans leurs devinettes.

Et puis il y a Tasaria, qu’elle appelle sa “sœur de l’ombre”. Celle-là, toujours affairée à une nouvelle combine, donne l’impression de comploter avec la moitié de la ville. Je ne sais pas encore si leurs intrigues finiront par nuire à la compagnie ou la renforcer, mais une chose est sûre : si ces deux-là décident d’être loyales, elles pourraient bien se révéler aussi précieuses qu’imprévisibles. Le genre de recrues parfaites, si on aime les surprises... et les migraines.

Da’vazk et Dougall Mac Kerr, deux idiots qui parlent à peine notre langue mais manient leurs épées comme des maîtres. Ces imbéciles ont déjà réussi à devenir les champions de l’arène d’Ubersreik La Cage de Fer, ce qui leur a valu une réputation bien trop grande pour leur bon sens. S’ils continuent à attirer autant d’attention, ils finiront par ramener plus d’ennuis que de contrats.

Sigred, celle-ci tire mieux à l’arc qu’elle ne parle aux gens, et c’est tant mieux pour nous. Je n’apprécie pas que des compagnons se fassent lyncher par des pécores du coin, mais j’aurais aimé trouver une autre solution que les faire massacrer par une bande d’hommes bêtes en guise de vengeance.

Quant à Magnus… Je l’ai surpris l’autre soir, seul dans un coin, implorant Sigmar à voix basse : "Aide-moi à choisir, Seigneur." À choisir quoi, exactement ? Une arme ? Un camp ? Je ne sais pas, mais ce genre de prière n’est jamais bon signe.

Et enfin, Yorri. Notre mineur de Karak Angaraz ne sait parler que de mines et de mèches à explosif. Ce n’est pas un problème en soi — jusqu’au moment où il commence à s’embrouiller entre les deux sujets. Si je le surprends encore à bricoler dans l’arrière-salle avec ses ingrédients "expérimentaux", il risque de devoir chercher un autre emploi.

Ah, et Yussuf Neb Seni, qui n’a toujours pas dégainé son arme en combat. C’est un mystère. Peut-être qu’il est un maître caché de l’autodéfense. Peut-être qu’il n’a aucune idée de ce qu’il fait ici.

Pour mes lieutenants, Wilhelm Sachs et Elsa Baumer, la tâche n’est pas simple. Wilhelm a l’expérience du terrain et un esprit affûté, mais il manque parfois d’autorité pour tenir une bande aussi imprévisible. Elsa, quant à elle, n’a aucun mal à hausser le ton quand il le faut. Elle pourrait sans doute réduire un ogre en silence rien qu’avec un regard. Elle a traversé plus de batailles et de rixes de taverne que la plupart ici n’en verront jamais. Pourtant, quelques membres de la compagnie semblent avoir du mal à accepter son autorité, peut-être parce qu’ils n’aiment pas se faire rappeler à l’ordre par quelqu’un qui leur montre à quel point ils sont verts en comparaison.

Je leur ai conseillé de se montrer patients. Si Wilhelm et Elsa trouvent un moyen d’unir leurs forces, sa diplomatie et son instinct, son autorité et son expérience, ils pourraient bien transformer cette bande disparate en une véritable compagnie. Et croyez-moi, ce serait un exploit digne des légendes.

Note pour plus tard : Trouver un moyen de canaliser leurs talents avant qu’ils ne s’entretuent — ou qu’ils me ruinent.

Je poursuivrais ces observations plus tard, ils sont si nombreux que je peine encore à retenir les noms, la plupart du temps je les salue de la tête en frottant un verre avec mon torchon, le coup du tavernier mystérieux fonctionne toujours.