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(S01/Ep088/5) Le premier à tomber

July 10, 2025
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Taverne de la Lune Rouge, Ubersreik, aube moite

Ils ont encore fait sauter une canalisation dans le quartier ou alors c’est moi qui sens la mort dans mes narines ? A moitié réveillé par l’affreuse odeur de mort, j’ouvrais à peine un œil quand on a frappé. Enfin non, frappé... Ce serait trop délicat pour Pavel Romanovich. Lui, il cogne à une porte comme on cogne à un hérétique : sans politesse.

— « Patron. Debout. Y’a... une chose. Vous devez voir ça. »

J’ai grogné, en espérant qu’il s’agissait d’un paquet de pièces d’or ramené par de braves compagnons, et pas d’une autre histoire de trahison ou de démon qui veut encore envahir la ville. Je me suis levé en râlant. Pas que je déteste Pavel, au contraire. Pieter Verstohlen a bien fait de me le refiler, il est diablement efficace comme enquêteur, mais je me suis vite rendu compte qu’un homme comme lui n’a rien à faire en groupe : il est taillé pour travailler dans l’ombre, c’est un ex-chasseur de mage après tout. 

On a traversé les couloirs sombres de la Lune Rouge, le parquet grinçait sous nos bottes. Il y avait ce calme...  juste avant l’aube. Cette tension dans l’air ou le moindre bruit que vous faites vous effraie, car chacun le sait la nuit est sombre et pleine de terreurs.

Pavel s’est arrêté en bas des escaliers. Il m’a regardé, sec :

— « C’est dans la cour. Préparez-vous. Ce n’est pas beau. »

J’ai serré la mâchoire. La cour de la lune rouge était vide à cette heure. Sauf pour lui.

Le cadavre pendait là, nu jusqu’à la taille, les jambes flasques. Les orbites étaient noires, vidées. Deux trous béants. Il avait été torturé, ça se voyait. Griffures, brûlures, lacérations. Mais ce qui a attiré mon oeil, c’est le torse. Un symbole y avait été gravé. Pas impérial, non mon bon sire : .  du Cathayen.

Je n’ai pas reconnu tout de suite le visage en revanche. Trop abîmé.

— « Putain... attendez... Ce serait pas... ? »

— « Je crois bien que si, patron. »

J’ai juré entre mes dents.

— « Qui est au courant ? »

— « Juste vous et moi. Mais... à moins qu’on le décroche vite, le quartier va avoir sa messe du matin. »

J’ai hoché la tête. Le message ? Pavel l’avait déjà fait traduire.

— « Donnez-nous la clef ou l’autre mourra aussi.’ »

Je me suis massé les tempes. L’autre. Donc il y en a un deuxième. Merveilleux.

— « Entre ça et les Arbeistmuher qui remplissent l’usine de poisson d’armes et de poudre à canon, la fin de l’été va être folklorique. Darna est déjà partie avec son groupe sous la ville pour chasser son foutu gobelin ? »

— « Da. Partie le ventre plein de bière et le sac plein de bombes. Elle dit qu’elle va ramener sa tête ou s’en faire un bonnet. »

Je me suis mordu la joue. Trop de fronts, trop de feux, pas assez d'homme ou d’eau pour les éteindre.

— « Que Morr m’emporte dans sa brouette... On peut pas se permettre de perdre des gens maintenant. Il faut battre le rappel. Catalina refuse de négocier avec les Von Bessemer. Et maintenant la Main du Dragon montre ses crocs ? Je parie mon vieux torchon qu’on va se retrouver au beau milieu de toute cette affaire comme d’habitude.. »

Pavel a haussé les épaules avec cet air fataliste qu’ont parfois les Kislevite, persuadé d’être revenu de tout et du pire.

— « Comme disait mon père : quand l’hiver vient, on ne discute pas avec la neige. On creuse.

J’ai soufflé du nez.

— « On verra plus tard pour les dicton. S’il te plait, va voir les Camp Strigany (Nomade). Trouve Azralia L'embrasée (Partie). Il faut qu’on lui parle, maintenant. Mais avant... aide-moi à décrocher son frère. On va pas le laisser accroché là, le pauvre bougre. »