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(S02/Ep030) De l'infiltration urbaine avec deux ogres

June 10, 2026
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Page arrachée dans le carnet de Arkady Moroshkin par Black Baud

Membre : Konrad Reinhardt, Bragg le Tripier Otto Drakenberg, Vraag Dévore-moile Arkady Moroshkin

Rapport de la première mission au sein de la compagnie de l’eau noire
Mon voyage m’avait mené à Unknown. L’île des pirates, habitant la plus libre des cités libres de Tilée. J’avais gagné l’île grâce à des bateliers depuis les côtes tiléennes. La silhouette du mont Artinia culminait sur les hauteurs de l’île volcanique. Telle une forteresse, les plages étaient rares alors que la muraille de falaises de calcaire poreux semblait encercler toute l’île, lui conférant une  protection naturelle contre les visiteurs indésirables. Le courant était fort même en accostant par le sud de l’île. Une fois le pied à terre, je suivis les instructions que l’on m’avait données.

J’ai marché jusqu’au lieu de rendez-vous, une petite crique invisible à moins qu’on sache qu’on la cherche. Un emplacement de choix pour les contrebandiers locaux. Le sable était immaculé de toutes traces avant que mes pas ne viennent le marquer. Au milieu de la petite crique, un ponton de bois qui semblait solide mais ancien. Je me suis assis dans le sable, à l’ombre des bords rocheux de la crique. L’air iodé était chaud et humide. 

Un pas lourd raisonna sur la roche et une montagne de deux mètres soixante quinze se profila. J’ai oublié de respirer un instant alors que la créature s’approcha de moi, grave erreur car quand, dans un hoquet, je repris mon souffle, le choc de son odeur se fit plus violent. Des restes de nourriture étaient disséminés partout, ses poches, sa barbe et même entre sa plaque ventrale rouillée et son imposant abdomen. J’ai tenu fermement mon marteau jusqu’à ce qu’il se mette à parler. Bragg le Tripier était là pour la même raison que moi. Je déglutis en me demandant ce que pouvait bien être la mission nécessitant de recruter un ogre… Le reste de l’équipe nous rejoignit en suivant. D’abord un impérial répondant au nom de Otto Drakenberg. Armure lourde, grand chapeau à plume typique des joueurs d’épée impériaux, confirmé par la grande épée qu’il portait. Plusieurs cicatrices témoignant de son passé de militaire actif sur le terrain et non à l’abri dans une garnison. Vint ensuite un autre impérial, plus petit qu’Otto, Konrad Reinhardt était tout aussi costaud que le joueur d’épée. Paré de pistolets et d’une épée, il avait opté pour un choix plus passe-partout que son camarade avec une tenue de voyage sobre et sombre. Il avait encore plus de cicatrices. 
J’étais perplexe quant à la force de frappe réunie dans cette petite crique quand le deuxième mangeur d’homme arriva. Encore plus grand que le premier ogre, Vraag Dévore-moile se présenta à nous en dernier prétextant avec une malice assumée un arrêt sur le chemin, pour dévorer un chevreau qui avait eu le malheur de croiser sa route. Il était équipé de nombreux grigris et colifichets, portant à son côté un tonneau, comme s'il s’agissait d’une simple gourde. Des crochets de boucher pendaient à sa ceinture mais le plus impressionnant était son énorme hachoir et son attendrisseur. Il triturait un crâne d’auroch pendant que l’autre ogre nous faisait part de sa haine envers les peaux vertes et les hommes-rats. Chacun avait sa motivation. Les deux impériaux avaient été recrutés par l’intermédiaire de leur ancien capitaine et Braag était visiblement allé chercher Vraag au Moot pour une histoire de vengeance et de skaven à Übersreik.

L’histoire du chevreau était de toute évidence un mensonge car le ventre de Vraag se mit à gronder. Il nous regarda, nous autres les humains, avec un sourire malsain déformant ses babines, bavant presque à l’idée de nous boulotter. Braag lui tapa sur l’épaule comme pour le sortir de sa transe et l’autre ogre calma son ventre avec une terrine entière qu’il engloutit en un instant.

On se regarda, peu rassurés, la tension était montée d’un seul coup et c’est à ce moment qu’une voile apparut d’un coup au bout de la crique.
On s’approcha sur le ponton quand un curieux personnage sauta de l’embarcation. Tricorne, barbe noire, sabre au coté et cache-œil. Il ne manquait qu’un perroquet et une jambe de bois pour compléter l’image d’Épinal du pirate. Le capitaine Black Baud se mit à parler dans un flot ininterrompu de charabia chantant que j’identifiais comme du bretonien. Il sembla répéter avant de s’essayer au reikspiel. Il nous invita à embarquer à bord de sa grosse barque et nous parle dans une langue universelle qui convient à toute l’équipée : Boire du rhum. 
Le vent est fort mais le pirate parle au-dessus, nous expliquant notre mission. Pour commencer les ogres se mettent à ramer pour nous faire avancer contre les alizés et je me pose vraiment la question de si est-ce pour ce moment précis qu’ils ont été recrutés pour cette mission que Black Baud nous décrit comme une affaire de subtilité et de discrétion. 

Pour cent couronnes par tête de pipe, nous devons trouver un moyen de pénétrer dans la salle des gouverneurs de Sartosa et y dissimuler un étrange dispositif rond destiné à écouter à distance ce qui se dit dans la pièce. La situation à Sartosa serait périlleuse, deux anciens de la compagnie, des nains, seraient les maîtres de la cité. Face à eux deux factions, l’une de morts vivants avec le capitaine Vadim Tranche-Gorges, le roi des pirates et l’autre de cultistes de Stormfels menés par Rackham Barbesargasse.

On se regarde tous un peu dans l’embarras mais tout devient plus clair quand le capitaine Black Baud nous explique qu’il a un plan : Il va nous débarquer sous la ville via un tunnel menant dans les tréfonds de Sartosa. Ensuite… On devra se débrouiller pour atteindre notre objectif.
On débarque et le pirate troque son tricorne pour un feutre en nous souriant. Après une dernière rasade de rhum nous voilà partis en ville. Les regards se tournent vers nous et nous décidons d’entrer dans une taverne qui tire son nom de sa position dans la rue : Le coin. On échange avec le tenancier en prétendant être des membres de l’équipage de notre nouvel ami pirate. Celui-ci nous fait une révélation : Black Baud serait en réalité devenu un pirate de terre après une prolixe carrière de corsaire chasseur de pirate… Fort heureusement, Blutcher, le patron, a le corsaire à la bonne et il nous paie une tournée immédiatement avalée d’une traite par nos gras compagnons. 
Bien qu’il se montre réticent au premier abord à répondre à nos questions, il nous lâche quand même quelques informations : Il ne faut pas trop poser de questions, le chef de la sécurité est un mutant homme-requin de Stormfels répondant au doux nom de Krokenwald. Plus curieux encore, les deux nains seraient des hommes de paille à la botte de Barbesagasse…

Réalisant qu’il a eu la langue trop pendue, Blutcher nous invite à continuer notre chemin et par un coup du destin, la porte en face de la sortie du Coin est celle du temple de Stormfels. On essaye d’aller le rencontrer pour jauger s'il peut nous être utile.
L’odeur est difficilement supportable même pour les ogres qui semblent aussi incommodés par les effluves de poissons crevés à l’intérieur du temple. Une gargouille de pierre suinte un liquide étrange alors que le haut prêtre de Stormfels, Johann Kepler (Mort) nous toise d’un regard fou tout en préparant une curieuse mixture à base d’algues. Je me souviens de mon étude de la théologie avec mon homologue au dieu bien moins fameux que le mien et avec force de discussion et de ronds de jambes il accepte de nous conduire à la fameuse salle des gouverneurs de Sartosa tout en nous informant que les deux nains voudront peut-être nous recruter après que nous ayons refusé de goûter à sa mixture qui nous aurait probablement transformé en bestiole marine-garou.

À notre arrivée le chef de la sécurité nous barre la route alors que quatre personnes sont à la grande table de la salle des gouverneurs : Durad & Valek, Barbesagasse et un homme requin à l’air patibulaire. Après le départ des deux derniers nous rencontrons enfin les deux nains. Nous apprenons que la compagnie s’est échouée sur l’île de Santo Esperanto ou le capitaine Vadim le vampire livrait bataille contre des orks sauvages. Celui-ci a aidé la compagnie à partir de l’île une fois une alliance scellée pour éliminer les orks. Il a, au passage, récupéré un artefact lui permettant de faire appel à rien de moins qu’un Kraken. C’est ainsi qu’il est devenu le roi des pirates, anéantissant au passage la flotte naine de Barak Varr. Pendant ce temps la, Konrad utilise habilement l’écran que constituent nos deux amis ogres pour dissimuler l’orbe en prétextant servir du rhum à tout le monde. 
Notre mission accomplie nous cherchons une issue mais les deux nains nous mettent au défi d’affronter une créature dans l’arène de la ville pour rejoindre leur équipage, prétexte que nous avons utilisé pour arriver jusqu’à eux… C’est avec la perspective d’un bon combat que notre groupe accepte d’aller affronter son destin. Juste avant de les quitter, les nains répondent à nos questions : L’homme requin accompagnant le capitaine Barbesagasse se fait appeler Le Squale Un ancien homme de main de Marienburg qui avait déjà ce surnom avant… d’être transformé...

Le haut prêtre de Stormfels glissa à Braag que nous allons affronter un prométhéen pourrissant. Riche de cette information mais sans le savoir pour la comprendre, nous avons gagné l’arène.
Nous nous sommes placés au centre de l’arène et la créature apparut d’un coup en projetant Konrad au sol dans une gerbe de sable. Otto l’aida immédiatement à se relever avant que les deux impériaux se mettent à rosser le crabe difforme géant qui venait d’engager le combat. C’était bien sûr sans compter sur les deux ogres que la perspective de dévorer le crustacé enivra. L’affrontement fut tout aussi bref que la manière dont il avait commencé alors que Braag réduisit en bouillie le prométhéen en nous présentant par la même occasion « tapette à rat » son immense gourdin sous les vivats de la foule en délire. 
Le temps de s’éclipser pour rejoindre Black Baud et… mettre les voiles.
Le corsaire nous mène sur une colline et l’immense dirigeable de la compagnie nous y rejoint avant de nous faire embarquer vers (S02/Ep031) : Aucune compagnie ne sera jamais suffisante