Lorsque Louise Marie-Françoise de Beaufort reçut en camouflet le poste d’administratrice en chef du château du Vieux, elle fut raillée par son père et ses sœurs et tournée en ridicule par le reste des invités à la soirée de l’Empereur. C’était pour le Roi-Soleil un moyen de récompenser Beaufort pour ses efforts à la cour... en l’écartant de son chemin. Ainsi, elle serait désormais dans l’incapacité de répandre ses discours critiques et ses sermons acerbes à l ’encontre des courtisans, de leur comportement immoral et des torts qu’ils causaient au reste de la Montaigne. Abattue, Louise tourna rapidement la page et donna à ses ambitions un nouveau tour. Après tout, elle a peut-être manqué de finesse dans sa rhétorique en adressant à l’Empereur ses opinions sur l’égalité et la liberté, mais elle a fait de cette mutation insultante une aubaine, avec panache et intelligence.
Louise de Beaufort n’a pas œuvré seule : avec l’aide de l’ancien administrateur, elle est parvenue à tirer un surplus du budget après seulement un mois à son poste, et s’est liée d’amitié avec les capitaines des mousquetaires après trente jours de plus. Mois après mois, à coups de rénovations et de réaffectations, elle insuffle une nouvelle vie dans le vieux palais et dans ses environs luxueux, aussi bien en construisant des jardins en terrasse qu’en définissant de nouveaux programmes d ’entraînement, ce qui attire l’attention sur le quartier. Ses résultats sont tels que le nom fluctuant de l’endroit a de nouveau changé : le château du Vieux est devenu le château de la Vie. L’énergie du changement y est palpable, et si la corruption de la Cour supérieure est toujours présente, tout ce qui l’entoure change sous l’influence d ’un sentiment que les mousquetaires eux-mêmes n’ont pas éprouvé depuis un moment : l’espoir