Bien des étrangers trouvent les Numanaris orgueilleux, arrogants et hautains. Il s’agit de leur face publique, celle qu’ils arborent hors de chez eux. Chez soi, parmi sa famille et ses amis, cet abord change : la face privée, plus nuancée et introspective, émerge.
La face publique d’un Numanari doit être empreinte de superbe et d’esbroufe. Il doit clamer haut et fort ce qu’il a accompli et se vanter de grands exploits. Il doit revendiquer la grandeur de ses ancêtres et les terribles ennemis qu’il a terrassés. Il doit énoncer les problèmes auxquels la Numa fait face et clamer la façon dont il les résoudra, à la force de ses actes et de sa volonté. En cela, il nourrit sa kleos.
Mais entouré de sa famille et de ses amis, un Numanari servira sa kleos en étant plus réfléchi et posé. D’ailleurs, bien des Numanaris ont un nom privé, intime, connu uniquement d’un cercle d’amis restreint. Parfois, de façon fugace, un Numanari pourra afficher sa face privée en public pour montrer sa sincérité, mais de tels étalages d’émotion restent rares.
Ceux qui affichent leur face privée trop souvent sont perçus comme incultes et indécents. Par exemple, les comportements émotifs étant l’apanage de la face privée, un Numanari ne pleurera pas en public. Mais si un sénateur verse une larme aux obsèques d’un ami ou se cache le visage pour dissimuler son émotion, tout Numanari interprétera cela comme un écart sincère ; un instant où son émoi était si fort qu’il n’a pu maintenir sa face publique. Mais si un sénateur ponctue constamment ses discours de larmes, il sera perçu comme manipulateur et sa sincérité sera remise en doute.