1. Journals

(S02/Ep024) Journal de bord d'Isabella

May 10, 2026
(S02/Ep024) Journal de bord d'Isabella header image
Membres Isabella Sturmf, Bargud Noirenclume Norgrim Barazhunk Helleboria (Parti) Hakim Al Irfan

Franz Lohner nous apprit qu’il avait reçu une missive de l’Eveque Ortega de Velasco, un saint homme qui réclamait notre aide avec une urgence qui ne laissait guère place au refus. Une sombre affaire se tramait dans les environs d’un antique monastère nommé Santa Misericordia de las Nieblas. Des phénomènes étranges, des murmures de malédiction et la disparition d’un héros local, le célèbre duelliste et Diestro Don Esteban de Vargas, avaient jeté la peur parmi les habitants. Le bretteur avait été envoyé enquêter… mais jamais revenu. 
On mit cap vers les terres du sud, là où le soleil cogne comme un boulet chauffé à blanc et où les vents salés nous rappelaient les côtes de notre vieille patrie. L’air était sec, lourd et remplis de parfums exotiques, et certains membres de l'équipe sentaient leurs vieux souvenirs refaire surface au rythme des roues grinçantes de la diligence. 
Durant le trajet, les langues se délièrent dans la diligence bringuebalante conduite par Bargud. Norgrim, un nain au regard franc et à la barbe aussi vaste qu’un filet de pêche, se montra particulièrement bavard. Il nous questionna sur nos vies, nos batailles et nos cicatrices. À côté de la diligence chevauchait une elfe silencieuse, l’air solitaire et contemplative, comme si elle parlait davantage aux étoiles qu’aux hommes. Quant à Hakim, un vieil homme venu des terres du désert, au teint hâlé et à la barbe grise, il nous conta son histoire avec une sagesse ancienne qui imposait le respect jusque dans les silences. Nous arrivâmes au temple de Sigmar bâti dans une architecture étrange, bien différente des sanctuaires du nord. 

Lorsque nous atteignîmes enfin le monastère, une inquiétante quiétude régnait sur les lieux. Norgrim poussa les portes de l’étable et découvrit un spectacle à faire tourner le rhum : des carcasses de mules en décomposition jonchaient le sol depuis des semaines. Pas un bruit. Pas une âme vivante. Pas même une trace récente de passage humain.

Norgrim revint de sa reconnaissance pour nous annoncer que les chevaux du monastère étaient repartis seuls, sans cavaliers. Hakim fit alors s’élever son aigle dans le ciel afin d’observer les environs tandis qu’Helleboria inspectait les bâtiments. Pour ma part, par des rites oubliés et quelques paroles murmurées aux ombres, j’invoquai l’esprit d’un ancien moine nommé Andrés Morina. Le spectre nous avertit d’une voix glaciale :“Ne vous approchez point des cryptes… car elles renferment des choses scellées que nul homme ne devrait contempler.”
Les compagnons nains entendirent alors du vacarme à l’intérieur du monastère. Un homme semblait combattre seul contre des ennemis invisibles, frappant l’air comme un forcené. Lorsque nous le trouvâmes enfin, il s'avéra qu'il s'agissait de Don Esteban de Vargas. Le pauvre bougre était devenu aveugle. Il nous raconta que sa compagnie avait fui et que les moines eux-mêmes étaient responsables du mal qui rongeait les lieux. Selon lui, l’eau du monastère était corrompue et l’avait privé de la vue. — un problème majeur pour un duelliste, mais au moins il ne voyait pas les décorations hideuses du monastère.
Helleboria examina ses yeux et découvrit une corruption putride qui s’était étendue sur ses cornées. Par miracle ou par volonté divine, elle parvint à purifier le mal et rendit la vue au duelliste. Reconnaissant, Don Esteban accepta de nous guider jusqu’aux cryptes, convaincu désormais que les moines étaient tombés sous l’emprise d’une force impie.

Mais alors que le groupe échangeait sur la marche à suivre, l’aigle de Hakim poussa un cri perçant depuis les cieux. En un instant, le ciel s’assombrit comme si une tempête maudite avait englouti la lumière du jour. Des bruits immondes résonnèrent tout autour de nous : des râles, des os qui craquent, des pas lourds dans les ténèbres.Puis ils surgirent......
Neuf moines boursouflés et putrides émergèrent des ombres, leurs chairs gonflées de corruption, leurs yeux morts brillants d’une lueur malsaine. Ils nous encerclèrent sans un mot.
Le combat éclata dans un vacarme d’acier de cris et de magie. Mais ces abominations se régénéraient sans cesse, leurs plaies se refermant comme si la mort elle-même refusait de les reprendre. Helleboria, d’ordinaire si sûre d’elle, enchaîna trois catastrophiques erreurs sous la pression du combat. La peur se répandit parmi nous comme une traînée de poudre dans la cale d’un navire.

Hakim fut frappé par une étrange malédiction qui lui arracha des fragments de mémoire, tandis qu’Helleboria devint la cible principale des créatures. Nous formâmes un rempart désespéré autour d’elle pour lui permettre de survivre. Finalement, comprenant que rester signifiait périr, Hakim ouvrit un passage dans la mêlée et nous força presque à battre en retraite. Nous fuîmes ce lieu maudit sous les hurlements des moines corrompus.

La mission fut un semi-échec. Nous avions sauvé Don Esteban de Vargas des ténèbres… mais les secrets du monastère, eux, demeuraient enfouis dans les cryptes de Santa Misericordia de las Nieblas, attendant sans doute notre retour… ou notre damnation.