Actuellement, le gouvernement castillian est pour le moins fracturé. Un pessimiste dira qu’il glisse vers le chaos absolu. La mort du Roi Salvador Aldana en 1664 a laissé la place à son unique héritier (aujourd’hui âgé de 16 ans), lequel n’était guère préparé à endosser la gestion d’une puissance mondiale.
Pour la première fois depuis que la famille royale entière a été décimée par la peste en 1386, le dirigeant de la Castille s’est vu refuser le titre de Rex Castilium (« Roi des Castilles ») par El Concilio de la Razon, lequel rassemble les cardinaux qui conseillent le roi. Chaque décret de Sandoval est disséqué et reformulé par ces cardinaux dans l’idée de maintenir l’illusion d’un dirigeant fort à la tête de la Castille. Ils ont instauré une monarchie conditionnelle, retirant à leur roi son autorité absolue pour, à la place, se fier à leur propre jugement. Dans les faits, ce sont eux qui règnent sur la Castille.
Cela n’arrange pas la situation de la structure dirigeante déjà surchargée de la Nation, encombrée par un appareil bureaucratique hérité de l’Ancienne République, auquel vient s’ajouter l’influence de longue date de l’Église Vaticine. De nombreuses batailles contre les forces montaginoises furent perdues à cause d’une piètre communication : les dirigeants de l’armée demandaient des ordres qui, par le passé, avaient toujours émané directement du roi. Mais en l’occurrence, les commandants étaient trop nombreux et les soldats pas assez. La Castille faillit laisser son trône aux Montaginois, et ne l’emporta que par pure bonne fortune et par défaut d’attention de l’Empereur.
Les rênes de la Castille sont actuellement dans de trop nombreuses mains, et les solutions choisies par El Concilio sont symptomatiques d’une corruption profonde. Plutôt que de servir à construire de nouveaux hôpitaux, écoles et églises, les impôts sont à la place directement récupérés par des fonctionnaires avides. Le Conseil a séquestré le roi au sein de la Cité Vaticine et gère les affaires royales en son nom. Sans personne pour contester la mainmise du Conseil sur le pouvoir, l’état déplorable du gouvernement castillian n’est pas parti pour s’arranger.