L’Eisen s’est scindée en sept Königreiche, ou « royaumes cités-États ». Chacun est dirigé par un Eisenfürst, ou « Prince de fer ». Ce titre est hérité des familles nobles qui contrôlaient jadis les mines d’où était extrait le précieux dracheneisen, un métal plus robuste que l’acier et deux fois plus léger. Ce métal était traditionnellement utilisé pour créer des armes et des armures de qualité pour les nobles d’Eisen, mais depuis la Guerre de la Croix, la majorité a été perdue, volée ou détruite.
Chaque Prince de fer gouverne son royaume différemment. Certains, comme Elsa Pösen, contrôlent étroitement le commerce et l’armée. D’autres, comme Roswitha von Wirsche, confient la gestion du royaume à des subordonnés. L’exemple le plus extrême de cette attitude détachée est Niklas Träge, qui ne perçoit ni impôts ni tarifs et ne se mêle de politique qu’à l’occasion.
Les frontières qui séparent les königreiche sont souvent approximatives. Il n’est pas rare que deux Princes de fer revendiquent une même région de l’Eisen comme leur. Les pratiques gouvernementales varient de lieu en lieu.
Freiburg
Le premier königreich est le plus inhabituel de tous. Il se nomme Freiburg, ou « Cité libre », et est gouverné par Niklas Träge, l’un des premiers athées à accéder au pouvoir en Théah. Träge fut un général respecté lors de la Guerre de la Croix. Au fil de la Guerre, ses croyances passèrent de « Le Créateur nous protégera ! » à « Comment le Créateur peut-il permettre cela ? », puis à « Le Créateur n’existe pas. » Il croit que n’importe qui serait prêt à le trahir si on y mettait le prix, et on l’a vu s’enivrer et injurier les religieux sur son passage. « Ne croyez pas quiconque croit en des contes de fées », recommande souvent Träge. Malgré tout cela, Träge fait ce qu’il peut pour son peuple. Il ne leur reproche pas leurs faiblesses morales ; à la place, il utilise ces faiblesses pour les manipuler afin qu’ils accomplissent ce qui est « juste ».
Au centre de la ville s’élève une haute tour connue simplement sous le nom de Wachtturm, ou « Tour de guet ». Träge ne gouverne que les terres qu’il peut voir depuis le haut de cette tour, n’ayant aucune envie de diriger un königreich plus vaste.
L’économie de Freiburg est fondée sur le libre-échange. Träge ne perçoit pas d’impôts et s’assure que la source de certaines marchandises douteuses ne soit jamais découverte. En fait, Träge fait tout son possible pour ne pas gouverner la cité du tout. Il s’assure simplement que son peuple ait tout intérêt à se gouverner lui-même, veille à sa propre protection, etc. Néanmoins, il est convaincu que Freiburg ne durera pas jusqu’à son cinquième anniversaire. Il est entouré de trop d’Eisenfürsten avides de terres, et s’il y a une chose sur laquelle les clergés vaticin et objectionniste sont d’accord, c’est qu’un dirigeant athée est une menace envers le pouvoir de l’Église.
Wirsche
Roswitha von Wirsche, une femme qui a perdu son mari et ses trois fils au cours de la Guerre de la Croix, règne sur le second königreich. Pendant une période, elle perdit toute motivation et délaissa ses terres. Mais un jour, quelque chose changea. Ses fermes sont aujourd’hui parmi les plus productives de l’Eisen ; ses terres semblent irradier de vie.
Wirsche avait été entièrement ravagé par la guerre, mais cela ne se voit désormais plus. Les gens ont également changé : ils travaillent diligemment, mais verrouillent leurs portes la nuit. Et si vous visitez le comté de Wirsche, ne vous donnez pas la peine d’être poli, les habitants ne vous parleront pas. Ils n’osent pas. Ils craignent que la Comtesse ne les écoute.
Pösen
Elsa Pösen gouverne le troisième königreich. C’est une femme bien charpentée, d’une force ahurissante, douée au métier des armes. Elle est également arrogante et incroyablement têtue. Son königreich occupe le coin nord-est de l’Eisen et est le plus prospère de tous, à l’exception peut-être de Freiburg. Pösen a survécu à la Guerre de la Croix sans réels dommages. Il possède des champs fertiles et des mines de fer apparemment inépuisables.
Heilgrund
Stefan Heilgrund dirige le quatrième königreich et œuvre résolument à réunir l’Eisen sous son règne. Les autres Eisenfürsten le considèrent comme un jeune sot téméraire et n’ont aucune intention de se soumettre à son autorité. Niklas Träge de Freiburg est le seul à daigner lui parler, voyant Heilgrund comme un outil potentiellement utile. La rumeur court que Stefan collectionne des livres et des objets occultes dans un but inconnu.
Fischler
Le cinquième königreich est sous le contrôle de Falk Fischler, un homme sombre et morose. Son königreich s’est formé à partir de fragments de Sieger et Hainzl, ce qu’Erich Sieger ne lui a jamais pardonné. Si Falk est si déprimé, c’est en bonne partie parce que sa récente fortune n’a rien fait pour le guérir de sa solitude.
Auparavant, il était entouré de nobles qui le raillaient et le méprisaient à cause de sa pauvreté. Maintenant, il est entouré de nobles flagorneurs qui n’ont d’yeux que pour le pouvoir et la fortune qu’il représente. Fischler entoure le Südsee et tire une grande partie de ses revenus de la pêche. Malheureusement, chaque année, les prises se font plus maigres et Falk se demande s’il devrait interdire la pêche durant quelques années pour laisser le lac se repeupler. Dans un cas comme dans l’autre, cela pourrait mener à un désastre économique pour son peuple.
Sieger
Le sixième königreich appartient à Erich Sieger. Il revenait techniquement à un noble castillian au terme de la Guerre de la Croix, mais lorsque ses soldats vinrent en prendre possession, ils trouvèrent un dément enfermé dans la forteresse, prêt à se battre à mort pour une parcelle de boue brûlée et salée. Ils décidèrent que cette terre ne valait pas les vies qu’elle allait leur coûter et rentrèrent chez eux. Depuis, Sieger peine à nourrir ses habitants et ne cesse d’en perdre au profit des königreiche adjacents. Il semble entièrement dévoué à conserver ses terres au mépris du bon sens. En réalité, il est possible qu’il y parvienne, à la seule force de son acharnement enragé.
Hainzl
Le septième et dernier königreich est gouverné par Georg Hainzl,
un homme jovial et plaisant que la terrible Guerre de la Croix n’a
virtuellement pas affecté. En fait, il n’est généralement pas affecté par la
réalité en général. Il a fait de ses terres un lieu de beauté et d’art, et
reste un mécène généreux des musiciens. Son château contient des salles dont la
décoration est inspirée d’opéras célèbres, et l’extérieur semble tout droit
sorti d’un conte de fées. L’économie d’Hainzl est alimentée par ses mines de
fer, qui sont les meilleures de toute l’Eisen.